Cailloux dans la Cité
Un fait divers dans le sein du règne animal
Texte et mise en scène : Vincent Coppey
Avec : Malika Khatir, Renaud Berger, Brady Lionel, Mehdi Djaadi, Emilie Vaudou, Koraline de Baere, Juan Bilbeny, Alice Berlamont, Mattéo Gigliotti
Collaborateur artistique: Jean-Louis Johannides
Musique : Fernando de Miguel
Lumières : Iguy Roulet Karima Habbes
Scénographie : Peter Stoffel
Images : Neyda Paredes
Visuels : Mika Carcamo
Administration : Liliane Auderset
Remerciements : Service des accessoires du Grand Théâtre de Genève, Théâtre St-Gervais, Pedro Jimenez Morras, Nathalie Chaix, Carmen Perrin, Delphine et Tarramo, Carlo Gigliotti, Zsuzsanna Szabo, L.W
Massacres de lycéens, agressions gratuites, kidnappings sordides, autant d’actes qui s’ajoutent à la liste des faits divers. Gestes fortuits ? Epidémie dont les symptômes sont une forme de violence? Cette violence urbaine, dont on a du mal à saisir les raisons et qui immanquablement nous ramène à notre propre vertige, est transposée en énigme, en question métaphysique. Que se passe-t-il lorsque le hasard, tel une pierre, nous tombe sur les pieds ou sur la tête ? Que fait-t-on de ces grains de sable subits dans nos rouages ronronnants ?
Au cours de trois nuits de pleine lune, une action ancrée dans une cité méditerranéenne, entourée par un périphérique ; des personnages ravalent leur pudeur, s’interpellent et tâtonnent, tantôt aveugles tantôt lucides. Une femme noire sort de la carcasse d’une voiture - est-ce un fantôme? Elle parle aux spectateurs. Elle demande de qu’elle fait là.
Un vieux mur méditerranéen.
Maria Laetizia – Quand tout va mal tout est un signe. Ca n’est pas oracle ce que je dis, c’est maintenant.
Ernesto – Pas sûr. Maria Laetizia.
Maria Laetizia – Tu l’as dit. L’insécurité me sort par les trous. Jour après jour, ce qu’il y a de spectaculaire me passe comme un viol dans la boîte crânienne. Merde à. (Elle se touche la poitrine à l’endroit de l’impacte de balle.)
Ernesto – Qu’est-ce que tu fais ?
Maria Laetizia – Quand je me touche ici, je retourne où tout était comme effacé. Le large. Aucune trace ni signe. Plus de supermarché. Je lâche la pression. (Elle ôte ses doigts de son thorax.), et vos voix ont recommencé à s’entendre. (Il saisit délicatement le sexe de Maria Laetizia avec sa main) Qu’est-ce que tu fais ?
Ernesto – Quand je te touche ici, ma main n’a rien de spectaculaire. Elle est là vraiment là.